Artbite

A un moment donné, quelque part, une œuvre d’art éclôt... singulière et remarquable parmi d’autres.

: : : ARTBITE : : : , un voyage dans le monde de l’art...

 

« Nu descendant un escalier » n°1 - 1911

Marcel Duchamp (1887 - 1968)

peintre

« Nu descendant un escalier, n°1 », peinture à l'huile, 1911.  JPEG - 41.2 ko
Marcel Duchamp
« Nu descendant un escalier, n°1 », peinture à l’huile, 1911.

« Jeune homme triste dans un train » (1911), peinture à l’huile sur toile montée sur carton, et Le « Nu descendant un escalier », n°1 (1911) et n°2 (1912), peintures à l’huile sur toile, sont des oeuvres du peintre Marcel Duchamp(1887 - 1968) de sa série fondée sur la traduction plastique du mouvement décomposé...

Dans « Le jeune homme... » les lamelles sont formées des intersections successives entre le personnage et l’espace, lors de son propre déplacement et sous l’effet du mouvement du train. La technique du « Nu descendant un escalier n°2 » de 1912 est la même.

Ce ne fut probablement pas la technique employée par le peintre Marcel Duchamp qui fut la cause du retrait de « Nu descendant un escalier » du Salon des Indépendants, mais bien son titre, aujourd’hui inoffensif et, à l’époque, provocateur et scandaleux. L’amertume que cet incident causa à Marcel Duchamp eut l’avantage de le pousser à approfondir les perspectives que lui avaient ouvertes ces deux oeuvres. L’une et l’autre introduisaient le jeu dissociatif du titre comme composante détonante additionnelle, et constituaient une voie réductrice dans l’approche créative qui le renvoyait à sa tendance au symbolisme et le conduisait indéfectiblement vers un univers de visions intérieures exprimées de façon cryptique*, sans qu’il eût besoin d’avoir recours à des figurations narratives où évidentes. A coup sûr les chronophotographies de Eadweard Muybridge et de Jules Etienne Marey étaient en vogue.(...) Marcel Duchamp ne cherchait pas à provoquer chez le spectateur des sensations cinématiques, puisqu’il refusait tout processus impressionniste. Il avait simplement procédé à une décomposition des formes, non point en ayant en vue la simultanéité, mais dans le but de parvenir à « une représentation statique du mouvement », en un rapport entre celui-ci et une succession de lamelles spatiales à deux dimensions. Le « parallélisme élémentaire », une fois bien établi, le libérait des servitudes d’un moyen immobile d’expression, car il le menait à l’idée, technique autant que poétique, d’intersection instantanée. Sur ce nouveau terrain, une lamelle du nu, toute symbolique, quelque banale et infime qu’elle fût , acquérait une grande dimension expressive.

Les notes sur l’« enfant-phare », que Marcel Duchamp composa à la suite de son voyage en voiture dans le Jura en 1912, témoignent de la force et de la richesse du pouvoir créateur du nouvel espace d’intersection des lamelles, et de l’heureuse conjonction langage-image dans un contexte indéterminé.(...) (extrait d’un texte traduit de l’espagnol par Robert Marrast)

  • Voir aussi « Tonsure »

    * cryptique : dans le sens de « caché ». (note de la claviste)